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lille3000 – Eldorado : programme des vernissages gratuits des expositions et des métamorphoses du 24 au 28 avril 2019

Du 27 avril au 01 décembre 2019, lille3000 propose sa 5ème Grande édition thématique (expositions, métamorphoses, fêtes, spectacles, événements…) intitulée Eldorado. Cette fois, lille3000 jouera la carte d’une saison Printemps/Été/Automne, de quoi permettre aux visiteurs de sillonner la région lors des beaux jours, avec une programmation ouverte sur l’extérieur.

En partenariat avec les structures culturelles, collectifs, associations et communes de la Métropole, Eldorado propose une programmation variée, invitant chacun à voyager et suscitant la curiosité et l’envie de rêver à l’évocation d’un pays connu, méconnu, ou encore imaginaire.

L’accueil est ainsi fait, en musique, théâtre ou danse, à des productions d’artistes, de compagnies ou de groupes en provenance du Mexique et d’Amérique du Sud, ou d’ici, où de nombreux liens se tissent entre culture populaire et contemporaine. La quête d’idéal est également au centre du programme. Idéal personnel où chaque individu peut trouver la force de changer son destin, et son corolaire parfois inévitable qu’est la perte d’illusion. Ou idéal collectif, à travers les utopies qui traversent les époques et se muent parfois vers des changements majeurs ou des révolutions.

Dans les salles, sur scène, dans l’espace public ou les jardins, l’Eldorado se trouve ici dans un parcours ludique, à la poursuite des objectifs à atteindre et autour des enjeux de notre époque.

 

Programme des Vernissages lille3000 – Eldorado
Maison Folie Hospice d’Havré, Tourcoing
Betsabée Romero – vernissage le mercredi 24 avril 2019 à 18h30 – Gratuit
Betsabeé Romero investit les différents champs de la création : peinture, photographie, collage, sérigraphie et sculpture. Ses œuvres, à la puissance iconographique forte, sont gardiennes de la mémoire et provoquent un véritable dialogue entre pratiques vernaculaires et préoccupations contemporaines.

L’exposition présentée à Tourcoing est une occasion de découvrir les pratiques artistiques de cette artiste internationale. Entre objets d’exploitations, croyances, légendes et histoire, Betsabeé Romero nous transporte dans des installations parfois monumentales ou plus intimes dans un Mexique à la fois ancestral et contemporain.

 

 

MUba Eugène Leroy, Tourcoing
Les Enfants du Paradis – vernissage le mercredi 24 avril 2019 à 19h30 – Gratuit
La peinture a longtemps été fascinée par la recherche de l’Ailleurs. Les peintres des XVIIIème et XIXème siècles ont même nourri l’imaginaire collectif et soutenu l’aventure coloniale par des visions exotiques ou orientales largement rêvées, et surtout très stéréotypées. Impossible d’y revenir : au XXème siècle, la peinture a développé sa conscience critique, s’est éloignée de ces exotismes trompeurs et a massivement accompagné les combats politiques les plus émancipateurs. La quête d’autres horizons est sans doute alors à chercher du côté de l’abstraction, qui ouvre à la peinture et à ses regardeurs des zones nouvelles, faites de réflexion et de spiritualité, baignées dans la matérialité des couleurs mais clairement détachées des contingences réelles du monde. Y-a-t-il encore un Ailleurs pour la peinture aujourd’hui ? Que peuvent encore proposer les peintres dans un monde globalisé, cartographié à l’extrême et surtout saturé d’images ? Quand les visions de l’exotisme sont surtout le fait d’une industrie touristique qui promeut et survend des « destinations de rêves »très formatées ? C’est cette situation très actuelle de la peinture qu’entend aborder l’exposition Les Enfants du paradis, avec un titre emprunté pour sa poésie au célèbre film de Marcel Carné où les personnages sont aussi extravagants que mélancoliques.

À la poursuite de l’Eldorado, et à la recherche d’un autre ailleurs qui ne soit ni l’exotisme ancien du monde colonial, ni les visions formatées du tourisme mondial, ni le rêve ultracapitaliste des paradis fiscaux, l’exposition Les Enfants du paradis rend compte d’une nouvelle génération de peintres français et étrangers qui, depuis plusieurs années, peuplent l’espace de la toile de scènes énigmatiques, de paysages indéterminés, de paradis délavés, de communautés improbables. Qu’ils s’inspirent de rites folkloriques ou revisitent les idéologies utopiques des dernières décennies, ces artistes voguent librement entre figuration et abstraction et réaffirment la force de l’image peinte au sein d’un monde contemporain qui se tourne de nouveau vers la nature, à l’inverse d’un imaginaire romantique. C’est une nature comme territoire d’une nouvelle confrontation de l’homme face à un besoin décuplé de sortir du cadre. Leurs rêveries picturales affirment la peinture comme un lieu de jouissance intense et colorée : l’art comme Eldorado.

Signe d’une véritable richesse et d’un renouveau de la peinture contemporaine, l’exposition invite à un voyage autour d’explorations picturales inédites, entre enchantements et désenchantements, entre illusions perdues et nouvelles extases.

Commissariat : Jérôme Sans, Jean-Max Colard, avec la collaboration d’Isabelle Bernini

 

Espace Pignon
Maria Isabel Rueda – vernissage le jeudi 25 avril 2019 à 18h – Gratuit

 

Maison Folie Le Colysée, Lambersart
Julien Salaud, Jungle et Sentiment – vernissage le jeudi 25 avril 2019 à 19h – Gratuit
Julien Salaud est un artiste dont la pratique ne cesse de se réinventer et dont les inspirations nombreuses puisent notamment dans des considérations ethnologiques et écologiques, qui lient l’Homme et la Nature.

Dans le cadre d’Eldorado, il souhaite transformer le Colysée de Lambersart en un temple néo-aztèque, avec des œuvres aussi bien en intérieur qu’en extérieur. Ce temple est consacré à une forme particulière d’écologie humaine, nourrit par ses nombreux voyages, notamment en Guyane et au Mexique, où il a pu apprendre le poids des sentiments, le pouvoir des légendes et la puissance de l’imaginaire. Depuis plusieurs années, il travaille des matériaux et des techniques bien connus des peuples amérindiens : perles, plumes, fourrures, noeuds de pèches, tissages, etc. Il s’est récemment tourné vers le travail de la cire, du métal (plomb et étain), du bois, de la paille, du plâtre et de la céramique. Julien Salaud était en résidence au Centre d’Études Mexicaines et Centraméricaines à Mexico du 05 avril au 05 juin 2018.

Ce projet est réalisé en collaboration avec des artistes et des artisans mexicains, avec des matériaux naturels et des techniques limitant au maximum les impacts néfastes sur l’environnement.

 

Hôtel de Ville, Mons-en-Baroeul
Collectif Detonador, Païtiti  – vernissage le vendredi 26 avril 2019 à 19h – Gratuit
Detonador est un collectif pluridisciplinaire péruvien qui crée des sculptures monumentales mais aussi des chars pour les spectacles de rue, des scénographies et des effets spéciaux pour le théâtre et le cinéma.

Invité dans le cadre d’Eldorado, il met en évidence la nécessité de préserver la Jungle Amazonienne, autrefois perçue comme un eldorado inépuisable, elle est aujourd’hui mise en danger et ses ressources s’épuisent.

Le projet s’intitule Païtiti, nom magique oublié parmi les mythes et légendes des chercheurs de trésors, des Incas et des conquérants. Le Païtiti est situé au coeur de l’Amazone, foyer des esprits de la jungle. Les ressources de la planète sont aujourd’hui attaquées par l’homme aveuglé par l’ambition de l’or. Ils contaminent et détruisent la forêt, refuge d’une faune et d’une flore menacée.

 

Le TriPostal
Eldorama – vernissage le vendredi 27 avril 2019 à 15h – Gratuit
Vaisseau amiral de lille3000, le Tripostal déroule le grand récit de l’Eldorado à travers une myriade d’œuvres d’art contemporain empruntées aux quatre coins du monde. En trois chapitres, correspondant aux trois étages du lieu, l’exposition met en scène l’aventure universelle de tous les Eldorados qui font se déplacer et se mouvoir des individus et des peuples. Ponctué d’œuvres qui lancent le mouvement, tandis que d’autres s’offrent comme des stations idéales avant de repartir vers d’autres horizons, le parcours déploie un récit épique dynamique, mais également sauvage et violent, animé par le regard fasciné ou critique que portent les artistes sur les multiples Eldorados promis par notre monde contemporain.

Espoir d’une vie meilleure, désir de richesse et de plénitude : l’Eldorado est une rêverie agissante, qui fait migrer et mouvoir des peuples entiers comme des individus isolés. Il y eut d’abord, dans l’Antiquité, les mythes anciens des cités perdues, des atlantides englouties avec toutes leurs richesses. Puis ce fut au XVIe siècle la conquête des Eldorados du Mexique et du Pérou, le pillage sauvage des trésors Aztecs ou Incas. Ensuite, l’Eldorado est un mythe sans cesse renouvelé, qui nous entraîne aux pays de l’or jaune, mais aussi de l’or noir (le pétrole), de l’or vert (l’écologie) ou encore dans les paradis artificiels ou fiscaux. L’Eldorado commence par là : par l’attraction des mondes rêvés, inventés, des utopies bienheureuses construites par le désir.

Puis vient le temps du départ. L’exil, l’exode, la ruée. Des populations entières s’élancent à la recherche éperdue d’un Eldorado fantasmé. Tous les véhicules sont bons. On y va par la mer, par les routes et aujourd’hui par les airs et jusque dans l’espace, cet Eldorado du futur. Des ruées vers l’or, il y en eut au XIXe siècle vers l’ouest américain, mais aussi en Australie, en Afrique du Sud autour de Johannesburg, ou dans le grand Nord de l’Alaska. C’est une histoire violente, brutale, faite de conquêtes, de massacres, de colonies, d’exploitations, de déceptions. Beaucoup iront fouiller le ventre de la Terre. Mais tous n’y trouveront pas le trésor tant espéré et reviendront hagards et bredouilles. Pour mieux repartir vers de nouveaux Eldorados.

L’Eldorado est toujours ailleurs. Et de fait son grand récit connaît aussi l’épreuve de la désillusion : en passant d’un pays rêvé aux terres réelles, l’aventurier s’installe dans une nouvelle vie faite d’habitudes, de routine, et bientôt d’ennui. Il se met à rêver, une fois encore, d’un autre Eldorado.

Notre monde contemporain en est plein et agite sans cesse sous nos yeux les mirages de nouveaux paradis, souvent contradictoires : îles lointaines ou zen intérieur, exil fiscal ou décroissance écologique… Dans ce dernier chapitre, on évolue ainsi entre des œuvres tantôt critiques, tantôt rêveuses, entre déception et nouvel espoir.

 

 

Gare Saint Sauveur
La Déesse Verte – vernissage + lancement officiel d’Eldorado le samedi 27 avril 2019 à 17h – Gratuit
La luxuriance infinie des paysages et écosystèmes de notre planète a toujours fasciné ses habitants. Objet d’une guerre sans fin tant à l’encontre de ses pouvoirs destructeurs que pour le contrôle de sa fécondité et de ses ressources, la Nature est un eldorado que l’humain a très tôt considérée comme une divinité protéiforme, symbolisée dans les mythologies du monde par des animaux, des jeunes femmes et d’autres entités souvent anthropomorphes. Si l’Homme a alors toujours compris empiriquement le côté fragile de la nature (d’où son incarnation par ces formes graciles que sont les nymphes et autres personnages sylvestres) sa possible finitude, voire extinction, n’est acceptée scientifiquement que depuis peu de temps. La conscience du changement climatique est récente et ne fait pas encore l’unanimité, quand on ne lui oppose pas tout bonnement une fin de non recevoir, l’argument fataliste « qu’il est déjà trop tard ». Pourtant, et tous les scientifiques s’accordent à le dire, la Nature survivra à notre extinction humaine.

Comme un cyborg, chaque feuille, chaque plante, chaque organisme a la capacité constante de muter, de remettre à zéro ou modifier ses circuits pour s’adapter à des nouvelles circonstances. La notion de « nature » n’existe qu’en relation dynamique à celle de « culture » prise comme définition de la présence humaine sur terre, ainsi que la façon dont ses modes de vie globaux, impulsés par la colonisation et le capitalisme tardif, influent sur l’environnement et vice-versa.

La Déesse Verte du titre est alors pensée à la fois comme un personnage, incarnation « générique » de l’idée de nature, mais aussi comme un paysage synesthésique composé par les œuvres de l’exposition. Ces dernières illustrent avec une justesse saisissante les altérations drastiques subies par les règnes humains, végétaux et animaux depuis le siècle dernier, et référencent autant le rapport technologique contemporain que nous entretenons avec notre environnement que d’autres systèmes de compréhension de ce dernier, notamment issus des peuples originaires des Amériques.

Établissant un parallèle entre les formes de l’art et les formes de la nature, l’exposition prend la forme ludique d’une vaste serre dystopique reconstituée dans la Gare Saint Sauveur. Dans un dialogue incessant avec la notion, cruciale elle aussi, de monde bâti à travers la figure de la ruine, qu’elle soit urbaine ou issue de civilisations disparues, mais aussi de l’idéal architectural moderniste, l’exposition référence de nombreux paysages, jardins, représentations mythiques, imaginaires et/ou historiques de la nature, en lien avec l’art, les cosmogonies indigènes, la technologie ou la science-fiction. Les œuvres, éléments végétaux d’une forêt vierge, modules d’architecture ou habitants/protagonistes, se mêlent dans une scénographie exotisante, spectaculaire et apocalyptique à dessein, soulignant les ambiguïtés des notions de naturel, authenticité et exploitation.

Ferme Urbaine – Gratuit
Depuis 2015, lille3000 a développé un projet de Ferme Urbaine et propose au public un grand potager hors sol en plein cœur de ville. Ce jardin partagé s’inscrit au cœur d’un projet collaboratif impliquant la Ville de Lille, la Maison Régionale de l’Environnement et des Solidarités, les associations nature, les jardiniers volontaires et les habitants du quartier.

Avec plus de 300 smartpots, la Ferme Urbaine de la Gare Saint Sauveur invite les habitants lillois à venir cultiver des légumes, issus de graines non hybrides et d’espèces parfois peu connues. Un collectif de jardiniers entretient une partie de ces pots. Tout le monde peut participer aux plantations, expériences, animations et récoltes de ce grand potager collectif.

Dès le 30 mars 2019, retrouvez également le comptoir à graines qui, pour Eldorado, se met aux couleurs du Mexique (maïs, tomates, courges, haricots…).

Le MuMo 2 (Musée Mobile) – Gratuit
L’exposition Eldorado du MuMo sera un dialogue entre l’Eldorado d’hier avec ses mythes (la conquête, la ruée vers l’or, les cités englouties, les cartes aux trésors…) et Eldorado de demain, pouvant ouvrir sur l’actualité (l’Europe et les migrants venus d’Afrique par exemple).

Avec les œuvres de Guglielmo Achille Cavellini, Tacita Dean, Rodney Graham, Bouchra Khalili, Teresa Margolles, Hans Op de Beeck, Gabriel Rico, Ida Tursic & Wilfried Mille, Christophe Vigouroux, Danh Vo…

Initié en 2011, le MuMo est un musée mobile gratuit d’art contemporain destiné à aller à la rencontre des enfants sur leurs lieux de vie.

En 2017, la mission d’éducation artistique et culturelle sur le territoire national se poursuit avec un nouveau camion. La nouvelle version du Musée Mobile pensée par la designer Matali Crasset comme un lieu de partage, contribue à faire circuler les collections des Frac (Fonds régionaux d’art contemporain) et du CNAP, en complément de leurs actions de diffusion à travers la France.

Commissariat : Ingrid Brochard, fondatrice du Musée Mobile, en coopération avec le CNAP, le Frac Grand Large Hauts-de-France et des mondes dessinés fracpicardie.

 

La Grande Parade lille3000 – Eldorado – Samedi 27 avril 2019 à 19h30 – Gratuit

 

 

Découvrez le programme de la Grande Parade du 27 avril 2019 : parcours, horaires, chars, marionnettes géantes, feu d’artifice, concerts, DJ, Tambours de la Muerte…

Plus d’infos dans notre article

 

 

 

Église Sainte Marie-Madeleine, Lille
Soundwalk Collective, Angry God – vernissage le dimanche 28 avril  2019 à 10h15 – Gratuit
Angry God prend la forme d’une envoûtante plongée sonore au coeur de la forêt amazonienne, une nature autrefois immaculée où communautés et éléments évoluaient dans une parfaite osmose, à la faveur d’une symphonie du sauvage puissamment inspirante. En imposant au monde sa propre réalité, l’homme tue chaque jour un peu la nature qui, dans un équilibre impossible, tend à disparaître, à s’éteindre, pour ne devenir que l’écho d’un monde en négatif.

Pour Angry God, Soundwalk Collective s’est embarqué sur les courbes de l’Amazone, remontant courant et temps pour questionner la relation de l’homme à la nature, de l’homme à sa nature, et la notion fondamentale du sacré. Le film d’Angry God a été tourné au coeur de la nuit amazonienne en négatif et pour éveiller les consciences aux changements climatiques et aux impacts de l’activité humaine, Angry God invite le spectateur à utiliser son téléphone pour rendre à la nature son état positif.

En parallèle entre 2015 et 2018, Soundwalk Collective a réalisé une série d’enregistrements sonores nocturnes en collaboration avec Francisco López dans les parties les plus reculées de l’Amazonie, au Pérou à la frontière brésilienne. Arrangé pour une installation sonore immersive grâce à un dispositif de diffusion à 14-canaux, Angry God évoque aussi la source d’énergie invisible, indivisible, sacrée, qui existe entre les animaux, les airs, les arbres.

Au gré d’une lente dissolution, les mélodies intègrent remarquablement la dense tapisserie sonore de la nature d’où surgissent esprits de la forêt et chants sacrés des chamans Shipibo, laissant derrière elles un brouillard évanescent qui traduit, peut-être, l’échec et l’erreur de l’homme à vouloir maîtriser la nature. Divine dans sa permanence et propre harmonie, la nature reprend toujours ses droits.

 

Espace Le Carré
Carlos Amorales, Protesta Fantasma – vernissage le dimanche 28 avril 2019 à 11h – Gratuit

 

Musée de l’Hospice Comtesse
Intenso/Mexicano – vernissage le dimanche 28 avril 2019 à 11h30 – Gratuit
Terre et Liberté !
Parmi les mythes qui façonnent, encore aujourd’hui, l’imaginaire mexicain, la Révolution de 1910 s’avère l’un des plus puissants. À cent ans à peine du conflit armé qui opposa à la dictature de Porfirio Díaz libéraux et anarchistes, puis les leaders agraires Zapata et Villa, et qui plongea jusqu’en 1917 le pays dans la guerre civile, la consigne « Terre et liberté ! » fait écho à maintes revendications actuelles : le droit à la terre, certes, mais aussi à l’eau, à l’éducation, aux garanties individuelles…

Une nature flamboyante ou aride à l’échelle démesurée (le territoire mexicain fait trois fois celui de la France) connote la terre nourricière et à la fois indomptable. Les peintres du début du XXème siècle dénoncent la misère et les révoltes paysannes ; ils prônent surtout la dignification de nouveaux archétypes : la mère, l’agriculteur, la femme du peuple au combat, la maîtresse d’école, le prolétaire… Plus tard, et en réponse aux effets de l’exode rural vers la mégalopolis et de la migration aux États-Unis, d’autres types issus de l’indigence et des inégalités sociales viendront compléter la liste, avec l’enfant des rues notamment. Triomphe et paradoxes de la Révolution…

Corps à corps
Tout au long du XXème siècle, le portrait porte aux nues certaines valeurs identitaires qui marquent profondément la sensibilité du public mexicain. La sensualité et un brin d’excès catalysent les qualités que l’on exige de la représentation de la beauté, au-delà de toute hiérarchie de classe, de coutumes ou d’ethnie. C’est la fusion organique de l’individu avec son sang, son terroir et l’énergie cosmique que soulignent les artistes : la caresse orgasmique des vagues ou, plus prosaïquement, le goût du costume régional et des ornements préhispaniques. Cette mise en scène du modèle schématise bien sûr un rapport idéalisé à autrui. C’est dans ces jeux de miroir que s’inscrivent les avatars de la séduction, quoique pas forcément par rapport au sexe opposé. Avec la libération sexuelle, l’émancipation féminine et les contrecultures de 1968 et du rock, les artistes osent évoquer des préférences demeurées longtemps taboues. Cette approche érotique revêt souvent l’aspect d’un hommage aux régions reculées du pays, en particulier Oaxaca où persistent les traditions ancestrales, comme le matriarcat, le syncrétisme religieux et un sens aigu de la fête.

Rêves Incarnés
La permanence de rites archaïques et l’influence du surréalisme (Breton, Artaud et Péret ont séjourné au Mexique, terre d’accueil de réfugiés de la Seconde Guerre mondiale) assurent bonne fortune aux métamorphoses de l’inconscient par l’image. Héritage des cultes animistes que la Conquista des rois catholiques espagnols n’est guère parvenue à éliminer, cinq siècles plus tard les hybrides, zoomorphes et anthropomorphes, enrichissent un répertoire visuel chargé d’onirisme et de fantasmagories. On y perçoit une obsession de la mort, qui combine la fascination de l’au-delà et l’expression de pulsions de toutes sortes, notamment l’instinct de violence porté à des degrés variés. C’est le même élan spirituel nuancé de soif de primitif qui pousse nos contemporains à poursuivre, dans les recoins idylliques, la promesse d’un nouvel Éden ou d’un Eldorado que le Mexique parvient encore à tenir.

 

Tlacolulokos Visualizing Language : Oaxaca in L.A dès le 27 avril 2019 – Gratuit
Le collectif Tlacolulokos, du nom de leur ville natale de Tlacolula dans l’État de Oaxaca au Mexique, est composé de Javier Dario Canul Melchor, né en 1984, et Cosijoesa Eleazar Cernas Garcia, né en 1992. Leur démarche figurative et leurs œuvres s’inscrivent dans différents lieux et espaces (musées, rues, bibliothèques…). Ils axent leurs travaux sur des réflexions sociales locales qui touchent aux problématiques universelles socio-culturelles et à la mise en valeur de leurs origines indigènes.

L’exposition Visualizing language: Oaxaca in L.A permet aux visiteurs de découvrir une série de peintures surdimensionnées dont les sujets sont des immigrés et enfants d’immigrés issus de quartiers défavorisés de Los Angeles. Ces œuvres empruntent leur langage plastique tant à la peinture classique qu’aux codes de la culture urbaine. « C’est une représentation des enfants d’immigrés qui sont nés ici », déclare Canul à propos du jeune garçon représenté. « Beaucoup d’immigrants vivent dans des quartiers pauvres et dangereux. Ils veulent quitter leur quartier, mais beaucoup finissent par rester ».

 

Vieille Bourse, Lille
Betsabeé Romero, Soles de Oro – vernissage le dimanche 28 avril 2019 à 12h15 – Gratuit
Les miroirs, qui investissent la Vieille Bourse, revêtent une multitude de sens et de références culturelles. Ils se réfèrent en premier lieu à une iconographie solaire de par leur forme et leur pouvoir de produire des rayons, des reflets de lumière et du feu. Leur forme concave permet d’autre part de montrer plus que le simple reflet de la réalité, et d’emprunter au langage mystique et mythologique. En effet, les miroirs étaient traditionnellement considérés comme des objets magiques, des offrandes, des objets de rituels de communication avec les ancêtres dans les cultes amérindiens et ainsi des portes vers un autre temps, un autre espace.

Point de passage pour découvrir une autre perspective, thème particulièrement étudié à la Renaissance, mais aussi point de passage dans l’intériorité de l’individu, le miroir est un regard intransigeant et aujourd’hui un moyen de surveillance utilisé de manière quasi universelle. Toute l’ambiguïté du miroir réside en ce qu’il permet de voir et de découvrir, mais aussi de surveiller et d’être vu.

 

Façade de La Voix du Nord, Lille
Julien Salaud, Quetzal Resplendissant – vernissage le dimanche 28 avril 2019 à 12h15 – Gratuit

Le pouvoir de fascination du Quetzal remonte à des temps très anciens. L’artiste traite ici d’une vision naturaliste de l’animal, en retranscrivant à l’échelle monumentale, le feu d’artifice de couleurs, tout en remettant à l’honneur Quetzalcóatl, nom d’une divinité aztèque, le fameux « serpent à plumes ».

 

 

Rue Faidherbe, Lille
Rambla : Les Alebrijes – vernissage le dimanche 28 avril 2019 à 12h15 – Gratuit
Sur 250 mètres, la Rue Faidherbe accueille dix sculptures monumentales d’Alebrijes réalisées en partenariat avec les artisans du Musée d’Art Populaire de Mexico, la Ville de Mexico (Artsumex), les ateliers El Volador de Mexico et lille3000.

Un Alebrije monumental est également exposé à Roubaix. Ces Alebrijes sont réalisés dans les ateliers d’artisans à Mexico et transportés à Lille et Roubaix dès le début de l’année 2019.

Les Alebrijes sont des statues en bois ou en papier mâché représentant des animaux sauvages et domestiques, et des créatures fantastiques, généralement constitués d’éléments hybrides et imaginaires. Comme d’autres expressions de l’artisanat mexicain, ils témoignent à la fois de la créativité, de la fantaisie et de l’habileté technique des artistes mexicains.

Les Alebrijes sont nés de l’esprit de Pedro Linares López en 1936. La légende raconte que ce dernier, au bord de la mort, a rêvé d’un bois peuplé de ces créatures qui l’ont accompagné dans son retour à la conscience. Certains de ces monstres criaient « Alebrijes, Alebrijes ». C’est ainsi qu’il a décidé de nommer ses créations.

 

Gare Lille Flandres, Lille
Luke Jerram, Museum of The Moon – vernissage le dimanche 28 avril 2019 à 12h15 – Gratuit
La pratique pluridisciplinaire de Luke Jerram implique la création de sculptures, d’installations et d’œuvres d’art. Vivant au Royaume-Uni mais travaillant à l’international, Luke Jerram crée des œuvres d’art qui inspirent les gens du monde entier.

Son œuvre Museum of the Moon est une installation gonflable réalisée à partir d’images de la lune réalisées par la NASA. Cette lune est accompagnée d’une bande sonore composée par BAFTA et Ivor Novello. Pour Eldorado, Luke Jerram propose une production d’une lune de 10 mètres de diamètre, qui est présentée dans la Gare Lille Flandres.

Retrouvez cette installation à l’occasion du Week-end Lune célébrant les 50 ans du premier pas de l’Homme sur la Lune le 21 juillet 1969.

 

Maison Folie Moulins / Flow
Casa Loca  – vernissage le dimanche 28 avril 2019 à 13h30 – Gratuit
La Maison Folie Moulins est transformée en véritable Casa Loca à l’occasion d’Eldorado. Avec le Fablab, des ateliers de fabrications d’alebrijes, de maracas, de masques et bien d’autres objets typiques la mettent aux couleurs du Mexique.

De nombreuses installations artistiques investissent quant à elles les extérieurs de la Maison Folie Moulins. Le collectif de street-artistes Tlacolulokos réalise une fresque in situ tandis que la gastronomie mexicaine et les papel picado s’installent dans la cour et invitent les curieux à découvrir la culture mexicaine.

 

Musée d’Histoire Naturelle de Lille
Les collections du Musée d’Art Populaire de Mexico – vernissage le dimanche 28 avril 2019 à 15h – Gratuit
En tant qu’invité privilégié de la grande édition Eldorado, le Mexique est mis à l’honneur au Musée d’Histoire Naturelle de Lille à travers une exposition dédiée aux pièces issues des collections du Musée d’Art Populaire de Mexico. Ces objets renvoient à la culture traditionnelle mexicaine et à l’imaginaire mexicain fortement empreint de la biodiversité, réelle ou imaginaire. La sélection de ces objets aux formes d’animaux de la culture mexicaine dialogue avec les collections du Musée d’Histoire Naturelle de Lille et des nombreuses espèces qui les constituent.

 

Palais des Beaux-Arts de Lille
Golden Room – vernissage le dimanche 28 avril 2019 à 16h – Gratuit
Golden Room, chambre au trésor ou caverne d’Ali Baba : c’est le lieu mythique de tous les chercheurs d’or, de tous les Eldorados. Un espace merveilleux, monochrome,tout est d’or, du sol au plafond, dans un amoncellement scintillant d’objets dorés, dans un mélange anachronique de toutes les époques, de toutes les civilisations, jusque la plus contemporaine.

Miracle, cette chambre des merveilles contient également un soupçon : et si elle n’était jamais que la caverne des voleurs, le trésor perdu des pirates, l’espace bling-bling de milliardaires douteux, et donc la somme clinquante de bien des pillages ? Tant il est vrai que la conquête des Eldorados se fait dans la violence et par le pillage des peuples dominés.

Ainsi, derrière les feuilles d’or, cet amas d’objets où l’or véritable se mélange au toc et à la pacotille pourrait bien nous apparaître comme un mirage économique. Comme une gigantesque nature morte, où tout n’est que vanité. Comme le vestige déjà en ruine de bien des civilisations qui se sont parfois perdues dans la recherche éperdue de la prospérité.

Et si la Golden Room était aussi une chambre noire ?

 

Mathias Kiss – Gratuit
À la croisée de la peinture, de la sculpture et de l’architecture, Mathias Kiss mène une réflexion autour de la déconstruction de l’héritage classique. Son travail provoque l’effacement des barrières entre l’art et l’artisanat, dans la lignée de courants comme le mouvement Arts & Crafts ou l’école du Bauhaus.

L’artiste propose pour le Palais des Beaux-Arts une installation évoquant le ciel et l’espace. Elle ouvre le lieu vers l’extérieur et la lumière, appelant ainsi au rêve de tous les possibles.

 

 Maison Folie Wazemmes
The U.S. – Mexico Border : Place, Imagination and Possibility – vernissage le dimanche 28 avril 2019 à 17h – Gratuit
L’exposition The U.S. – Mexico Border : Place, Imagination, and Possibility, présentée au Craft and Folk Art Museum de Los Angeles en 2017, donne à voir le travail d’une quarantaine d’artistes contemporains qui explorent la frontière en tant que réalité physique (lieu), en tant que sujet (imagination) et site de production et de solution (possibilité). Ils sont designers, sculpteurs, peintres, photographes, architectes et viennent des deux côtés de la frontière américano-mexicaine. La sélection d’œuvres se concentre essentiellement sur les deux dernières décennies.

L’exposition est présentée et adaptée à la Maison Folie Wazemmes afin d’interroger les notions de frontière et de migration.

 

De Alzua+, Lille
Alfredo Durante, La Bestia – vernissage le dimanche 28 avril 2019 à 18h – Gratuit

 

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