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Du 14 avril au 16 juillet 2018, le Palais des Beaux-Arts de Lille propose l’Open Museum#5 – Séries TV

Du samedi 14 avril au lundi 16 juillet 2018, le Palais des Beaux-Arts de Lille propose la cinquième édition de l’Open Museum. Cette année, ce n’est pas une personnalité mais un genre audiovisuel, le plus populaire et aussi le plus créatif de ces dernières années : la série TV. L’installation du Festival Séries Mania à Lille (du 27 avril au 05 mai 2018) est une magnifique occasion de montrer comment les séries puisent une partie de leur inspiration scénaristique, esthétique et sociologique dans le monde de l’art et des musées (l’art comme symbole de réussite sociale, la perception de l’art contemporain, le détournement de chefs d’oeuvre…). De Mad Men à Medici en passant par Twin Peaks, P’tit Quinquin ou Versailles, et jusqu’aux Simpsons, des extraits et des costumes révèleront la présence des arts sur le petit écran à travers les collections du musée.

Les petits visiteurs ne seront pas en reste, leurs dessins-animés favoris évoquant bien souvent aussi l’univers des arts. Un espace enfants leur sera ainsi proposé dans l’atrium.

Un Open Museum dédié à tous les publics, ludique et instructif, pour redécouvrir les collections du musée que l’on soit passionné du genre ou bien curieux.

 

Open Museum #5 séries tv ‐ Le parcours
Quel lien peut‐on établir entre une nature morte et la série Hannibal ? Entre L’Après Dînée à Ornans, l’une des œuvres majeures de Gustave Courbet, et Sex and the City ? Entre la série The Simpsons et le tableau du Concert dans l’oeuf, œuvre d’après Jérôme Bosch conservée au musée ?

Pour le découvrir, le visiteur est invité à parcourir les salles du Palais des Beaux-Arts de Lille, à la découverte d’extraits de séries et d’une sélection d’œuvres du musée. Les écrans (une vingtaine) sont placés dans les collections, comme des tableaux, favorisant les rapprochements esthétiques, scénaristiques ou sociologiques.

L’Open Museum s’adresse à tous les publics : les fans de séries, qui les verront d’un œil nouveau grâce à un parcours original placé sous le signe de l’art, et les visiteurs tout simplement curieux de (re)découvrir la force d’inspiration des collections permanentes.

 

Tous les chemins mènent à Rome
Série :
Rome (2005‐2007) ‐ saison 2, épisode 10
Œuvres : Accrochage inédit de peintures, sculptures et dessins
La série Rome a renouvelé le genre de la fiction historique sur l’Antiquité. Ses 22 épisodes se déroulent dans les années 30 avant J.‐C., au moment où la République romaine s’étiole après l’assassinat de Jules‐César. La société romaine est dépeinte comme amorale et manipulatrice. L’apogée survient avec le triomphe d’Auguste, vainqueur de son rival Antoine, accusé d’avoir comploté contre l’empire avec la reine d’Égypte Cléopâtre. Loin d’une Rome idéalisée, la ville éternelle est dépeinte sous un jour peu glorieux : violence, saleté et stupre y sont la norme. Cet extrait s’attache à reproduire fidèlement la pompe d’un défilé. Le faste de la cérémonie est réel mais son côté artificiel n’est pas occulté, comme en témoigne la raideur d’Auguste et de ses suiveurs, figés comme des sculptures. C’est l’aspect surnaturel du souverain qui est mis en avant : il devient presque l’égal d’un dieu. L’extrait est associé avec des sculptures en plâtre, des bustes, des peintures et des gravures qui évoquent la pompe romaine.

 

Chevaliers contre dragons
Série : Game of Thrones (2011‐2018) ‐ saison 7, épisode 4
Œuvre : Retable de Saint Georges, vers 1480‐1490
La série culte de la chaîne HBO est tirée d’une suite de romans intitulée Le trône de fer, écrite par l’américain George R. R. Martin. Cette saga marque un tournant dans le genre de la fantasy épique : la dimension magique et fantastique passe au second plan par rapport aux intrigues politiques.

Cet extrait est tiré de la dernière saison de la série. Issu de l’une des grandes familles de Westeros qui rivalisent pour l’obtention du trône de fer, Jaime Lannister est l’un des meilleurs combattants du royaume. Il charge ici l’un des dragons envoyé par son ennemie.

Ce preux chevalier est le protecteur du royaume et de sa sœur à l’instar de Saint Georges, Saint Patron des chevaliers et de l’Angleterre depuis le XIIIe siècle. La légende veut que ce dernier soit mort en martyr après avoir sauvé une princesse des griffes d’un dragon affamé. C’est cette légende qui est représentée à maintes reprises dans l’art médiéval et moderne, à l’exemple du Retable de saint Georges.

 

Vénus cathodique
Série :
Twin Peaks (1990‐1991/2017) ‐ saison 2, épisode 22
Œuvres : 4 statues* & 20 dessins sur le thème des grandes figures féminines de la mythologie
Twin Peaks est une série américaine créée par David Lynch et Mark Frost, qui se déroule dans la ville imaginaire du même nom. La première saison s’ouvre sur la découverte du cadavre d’une jeune lycéenne, Laura Palmer. Au fil des épisodes, le public découvre que la ville dissimule de nombreux secrets, notamment quant à la personnalité de la jeune fille.

La scène que l’on voit se déroule dans The Black Lodge (La Loge Noire), un lieu imaginaire habité par les doubles maléfiques de certains personnages. À l’intérieur, un lieu confiné, la Chambre Rouge,trônent deux statues : La Vénus dite de Milo, une sculpture grecque qui représente probablement la déesse Aphrodite, déesse de l’Amour (Vénus latine) et la Vénus de Médicis, dite aussi Vénus pudique, qui cache sa poitrine de sa main droite et son sexe de la gauche. Les deux œuvres seraient une évocation de la sexualité double de l’héroïne disparue, Laura Palmer : la Vénus de Milo pour le côté trouble de la jeune fille, et la Vénus Pudica comme symbole de son innocence.

* dont une copie grandeur nature de la Vénus de Milo conservée au musée du Louvre à Paris

 

La beauté du diable
Série :
The Simpsons (1989‐2018) ‐ saison 2, épisode 10
Œuvre : Jérôme Bosch (d’après) – Le Concert dans l’œuf (1453 ?‐1516)
La série The Simpsons, mondialement connue, est l’une des plus anciennes encore diffusée. Créée par Matt Groening en 1989, cette série d’animation met en scène une famille américaine typique de la classe moyenne, composée de Homer, Marge, Bart, Lisa et Maggie, qui dépeint l’American Way of Life sur un ton satirique. La série des Simpsons est depuis près de 20 ans une véritable mine de références artistiques et pourrait servir à elle seule de support à une leçon d’histoire de l’art.

Dans l’épisode, Bart est victime d’un accident. Envoyé en enfer, il est plongé dans un cadre qui reproduit l’un des panneaux de la plus célèbre œuvre du peintre primitif flamand Jérôme Bosch : Le Jardin des délices. L’œuvre de Bosch y est librement réinterprétée mais on y retrouve plusieurs motifs comme l’homme à tête d’oiseau assis sur une chaise percée, ainsi que « l’homme‐arbre ». L’œuvre de Jérôme Bosch avait évidemment une portée morale. C’est le cas également du Concert dans l’œuf du Palais des Beaux‐Arts de Lille. Le Concert dans l’œuf reprend un thème connu depuis la fin du XVe siècle en Europe : la nef des fous. Dans cette scène, chaque personnage représente un type de folie : l’hérésie, la bêtise, la cupidité. Le moine, par exemple, bat la mesure et entraîne ses compagnons à suivre la partition d’un chant grivois. À côté de lui, un personnage porte sur sa tête un entonnoir renversé. À l’origine, l’entonnoir symbolisait la transmission des idées, mais s’il était à l’envers, il signifiait au contraire l’ignorance et la démence ! C’est encore aujourd’hui un symbole de la folie. Dans The Simpsons, comme une provocation face aux leçons données par Bosch dans ses tableaux, Satan renvoie Bart Simpson à la vie en lui prodiguant les conseils suivants : « Au revoir Bart ! Souviens‐toi : Mens, triche, vole, et écoute de la musique heavy metal ! ».

 

Une nature vraiment morte
Série :
Hannibal (2013‐2015) ‐ saison 1, épisode 1
Œuvres : Frans Snyders (atelier de) – Nature Morte avec chienne et ses petits, 1ère moitié du 17e siècle / Paul de Vos – Chien dans une cuisine, vers 1650 / Peter Paul Rubens (d’après) – Prométhée enchainé, après 1611‐1612 / Érasme II Quellin, Jésus chez Marthe et Marie, milieu du 17e siècle.
Cette série américaine imaginée par Bryan Fuller s’inspire du personnage d’Hannibal Lecter créé par Thomas Harris. Elle explore l’étrange relation entre ce psychiatre sociopathe et cannibale (Mads Mikkelsen) et Will Graham (Hugh Dancy), analyste du Département des Sciences du Comportement du FBI. Le style de la série est d’inspiration picturale, notamment dans les scènes de cuisine qu’Hannibal accomplit avec art. Les gros plans exposent le raffinement de la gastronomie et d’une table dressée pour recevoir dignement. Les repas donnent lieu alors à des séquences où le tact entre convives et la grâce de leurs gestes s’animent d’une forme de sensualité et d’ambigüité. L’équivoque (et le diable) se love dans les détails qui deviennent des indices et des symboles des enquêtes en cours. La mise en scène et la lumière métamorphosent les lieux et les personnes en des tableaux vivants qui évoquent les scènes de genre et les natures mortes de l’art baroque flamand.

 

La représentation du pouvoir
Série :
Versailles (2015‐2018) ‐ saison 1, épisode 1
Costumes et poupées miniatures issus du tournage
La série historique Versailles conte l’histoire de la construction du plus somptueux des châteaux par le monarque absolu Louis XIV. Formé par son parrain le cardinal Mazarin, dont il hérite de l’une des plus belles collections d’Europe, Louis XIV aime la compagnie des artistes avec lesquels il cultive des liens étroits. Il accumule durant son règne d’autres collections à la hauteur de son prestige, qui sont le miroir des arts et des goûts de son temps. Charles Le Brun devient son « premier peintre » et Jules Hardouin‐Mansart, son « premier architecte ». Les peintures de Pierre Mignard sont exposées parmi celles des Italiens et des Flamands dans son « petit appartement » interdit aux courtisans. En conséquence, le goût du monarque préfigure l’esthétique du Siècle des Lumières. Exposés au musée, quatre des costumes de la série Versailles semblent tout droit sortir des toiles de la galerie des peintures XVIIème.

 

Nue et connue
Serie :
Deadwood (2004‐2006) ‐ saison 2, épisode 3
Œuvres : Francisco de Goya y Lucientes : La Lettre, dit Les Jeunes, vers 1814‐1819 / Francisco de Goya y Lucientes : Le Temps, dit Les Vieilles, vers 1808‐1812
Cette série américaine, créée par David Milch, raconte l’histoire de la petite ville « sans foi ni loi » de Deadwood à la fin des années 1870 pendant la ruée vers l’or. Dans cette séquence de la saison 2, l’acteur américain Powers Boothe joue le rôle de Cy Tolliver, propriétaire du Bella Union Saloon. Il blâme alors son « personnel » du haut des escaliers, devant La Maja desnuda (La Maja nue, 1795‐1800) du peintre espagnol Francisco Goya. Cette œuvre constitue un diptyque avec La Maja vestida (La Maja vêtue) réalisée peu après, entre 1802‐1805. C’est probablement la première toile dans l’art occidental qui représente une femme nue montrant son sexe sans aucun alibi symbolique ou mythologique.

Dans la série, la peinture célèbre la beauté féminine sans distinction de classe et de condition. Le romantisme noir de Goya, représenté à Lille par Les Jeunes et Les Vieilles, répond parfaitement à l’indignité de l’âme humaine des personnages la série Deadwood.

 

Scène de genre
Série :
The Handmaid’s Tale (2017 ‐ 2018) ‐ saison 1, épisode 1
Œuvres : Jacobus Vrel : Scène d’intérieur ou La leçon de lecture, 17e siècle / Pieter de Hooch : Jeune femme et sa servante, vers 1675
Les servantes sont appelées du nom de leur propriétaire : l’héroïne est nommée Defred, car elle dépend « de Fred ». Elles sont vêtues d’une robe rouge, couleur qui les distingue des autres femmes et qui fait allusion à leur fertilité. Leur tenue comporte aussi un bonnet, porté à l’intérieur, auquel se superpose une cornette blanche. L’ampleur de leur manteau et de la coiffe les rend à la fois visibles, en tant que femmes élues pour assurer la survie de l’espèce, et cachées à la supposée concupiscence du regard masculin. La série est tirée du roman éponyme de Margaret Atwood. L’extrait retenu montre Defred dans la cuisine. L’ambiance, presque hors du temps, des lieux et les jeux des rayons du soleil passant au travers des fenêtres évoquent les scènes d’intérieur peintes par les Hollandais, à l’exemple de la Scène d’intérieur de Jacobus Vrel et de la Jeune femme et sa servante de Peter de Hooch, exposées au musée. Cette douceur ne doit pas faire oublier le sort réservé aux femmes dans la série.

 

Parfum de scandale
Série :
Sex & the City (1998‐2004) ‐ saison 6, épisode 12
Oeuvre : Gustave Courbet : L’Après‐dînée à Ornans, Salon de 1849
Cette série brosse le portrait de quatre amies new‐yorkaises trentenaires et célibataires. La narratrice principale est la journaliste Carrie Bradshaw, victime de la mode très attachée au mode de vie chic et branché de l’Upper East Side à Manhattan. Chaque épisode est structuré autour du thème de la rubrique sur la sexualité (« Sex and the City ») qu’elle tient dans The New York Star. Dans cette séquence, elle se rend avec son amie Charlotte York (Kristin Davis) à un vernissage dans une galerie d’art contemporain. Inspirée par l’artiste serbe Marina Abramovic qui repousse ses résistances physiques et mentales à travers ses performances, cette séquence montre la différence de perception de l’art entre les deux complices. Carrie est critique tandis que Charlotte est intéressée, incarnant l’une et l’autre deux facettes opposées de l’interprétation d’une œuvre. L’extrait de Sex & the City est associé au tableau L’Après‐dînée à Ornans (1849) de Gustave Courbet, considéré comme le manifeste du mouvement réaliste en France. La toile représente une scène de la vie courante mais dans des dimensions jusque‐là réservées à la peinture d’histoire. Hissant le monde réel à hauteur d’un événement, elle valut à Courbet d’être qualifié de peintre « trivial » et « immonde » par les critiques de son temps. Au XIXème siècle comme aujourd’hui, la controverse dans l’art reflète souvent les contradictions d’une époque en évolution qui projette et craint en même temps de transgresser les règles établies. Dans le cas de Courbet, fervent républicain, son tableau renvoie à la lutte des classes. Dans Sex and the City, la performance de cette artiste est le miroir d’une société hyper‐médiatisée et standardisée qui n’aime rien tant que de glorifier ou vilipender ce qui lui parait singulier et hors norme.

 

Drôle de paysage
Série :
P’tit Quinquin (2014 ‐ 2018) ‐ saison 1, épisode 2
Oeuvres : Ludovic Napoléon, Comte Lepic : La plage de Berck à marée basse, 1876 / Ludovic Napoléon, Comte Lepic : Bateaux de pêche rentrant à Berck, 1877
Réalisée par le cinéaste Bruno Dumont, cette mini‐série en 4 épisodes raconte les aventures croisées d’une bande d’adolescents menée par « P’tit Quinquin » (Alane Delhaye) et d’un duo improbable d’inspecteurs de police : le commandant Roger Van der Weyden (Bernard Pruvost) et son lieutenant Rudy Carpentier (Philippe Jore). L’histoire commence par une découverte macabre sur une plage du Boulonnais. Bruno Dumont, originaire du Nord, se sert de la Côte d’Opale comme décor du drame. Comme dans les tableaux de la plage de Berck (Pas‐de‐Calais) de Ludovic‐Napoléon Lepic, le cinéaste saisit avec justesse et sans artifices ce qui anime un paysage. La toile « La plage de Berck à marée basse » immobile, presque austère, est une marine dont la mer aurait disparu ou presque.

 

Paysage de rêve
Série :
Top of the Lake (2013 ‐ 2018) ‐ saison 1, épisode 1
Oeuvre : Antoine Chintreuil : Les Vapeurs du soir, paysage, 1875
Dans le secteur ultra‐concurrentiel de la série TV, composer un récit à partir de l’identité culturelle d’une ville, d’une région, d’un territoire, est devenu la marque d’un genre nouveau. C’est le choix qu’a fait la cinéaste néo‐zélandaise Jane Campion avec la série Top of the Lake. Créée en 2013, la série met en scène une communauté de femmes vivant en autarcie sur les bords d’un lac, dans un lieu‐dit appelé Paradise. Au fur et à mesure des six épisodes, ce lieu situé « au bout du lac » devient un personnage de la série à part entière. Dans ses eaux se dissimulent les fantômes d’un passé, qui détiennent les clés de l’intrigue (une enquête sur la disparition d’une fillette de douze ans enceinte). Tout au long de la série, on y voit les personnages venir s’y ressourcer, s’y perdre, y projeter leur colère comme y noyer leur mélancolie. Antoine Chinteuil est un des premiers peintres, avant les impressionnistes, à peindre en plein air. Il aime représenter les matins brumeux ou les couchers de soleils flamboyants, qui permettent les variations fugaces de la lumière. Ce tableau nous plonge dans un paysage au cadrage large et horizontal, qui n’est pas sans nous faire songer aux plans panoramiques utilisés parfois dans les films. La lumière déjà quasi nocturne et la silhouette isolée des chevaux renforcent l’effet de mise en scène cinématographique.

 

Soif de culture
Série :
Empire (2015 ‐ 2018) ‐ saison 1, épisode 1
Oeuvre : Claude Monet – Le Parlement de Londres, 1904 (présenté sur écran, en gigapixel, dans l’atrium du musée)
Empire relate la lutte de pouvoir entre les membres d’une famille afro‐américaine pour prendre la tête d’une maison de disque à la base de la fortune familiale. L’art s’infiltre audacieusement dans les images d’Empire. Trônant en majesté dans les demeures luxueuses des protagonistes, dans les bureaux de l’entreprise familiale comme sur les murs des boîtes de nuit, les œuvres entraperçues sont autant de signes de la réappropriation des beaux‐arts par la culture populaire et la population afro‐américaine. Les toiles des peintres européens Claude Monet, Georges Seurat, Gustav Klimt cohabitent avec celles des artistes contemporains. Parmi les nombreux artistes exposés, Basquiat, James Richmond‐Edwards et Michael Savoie, celui dont les œuvres irradient chaque plan est le portraitiste new yorkais Kehinde Wiley. La fusion est idéale entre ses toiles, qui subliment les icônes « noires » dans le milieu de l’art dominé par la culture « blanche », et l’histoire de cette famille afro‐américaine qui a fait fortune avec la musique hip hop et ses dérivés.

 

Heure de gloire
Série :
Doctor Who (2005 ‐ 2018) ‐ saison 5 (2ème série), épisode 10
Oeuvres : Jacob Jordaens : Étude de cinq vaches, vers 1620 / Vincent Van Gogh : Les vaches, 1890
Apparue en 1963, Docteur Who est historiquement la plus longue série de science‐fiction de tous les temps. Le personnage est devenu une légende de la culture britannique. Le docteur est un extraterrestre qui voyage dans le temps et dans l’espace à bord du TARDIS (Time and Relative Dimension in Space). Dans cet épisode de la cinquième saison de la deuxième série, le Docteur décide de projeter Vincent Van Gogh dans le temps présent au Musée d’Orsay. Ému aux larmes, l’artiste découvre que sa peinture est finalement comprise et estimée par le public comme par les spécialistes. Cette séquence démontre par l’exemple que ce qui compte vraiment en art, à savoir la pérennité, la capacité pour un grand créateur d’être encore reconnu et apprécié dans le temps, n’est en aucun cas déterminé par la gloire qu’il aura ou non connue de son vivant. De l’artiste confidentiel à la star internationale battant des records dans les salles des ventes, nul ne peut prédire lequel des artistes d’aujourd’hui passera à la postérité.

 

Art visionnaire
Série :
Dexter (2006 – 2013) ‐ saison 6, épisode 4
Oeuvre : Luc‐Olivier Merson : Vision, légende du 14ème siècle, 1873
Dexter Morgan (Michael C. Hall) est expert médico‐légal pour la police de Miami le jour et serial killer la nuit. Cette séquence est un extrait de la saison 6 dans laquelle on découvre une série de meurtres perpétrés par Les Tueurs de L’Apocalypse : Le Professeur Gellar et son disciple Travis Marshall. Dans la Bible, L’Apocalypse est le dernier livre du Nouveau Testament. Ce texte révèle les évènements prophétiques de la fin des temps avant le retour du Messie. La scène de Dexter se passe de nuit dans une église abandonnée ; l’intérieur de l’édifice est éclairé par une lumière surnaturelle. L’atmosphère est proche de celle du tableau de Luc‐Olivier Merson, peintre du XIXème siècle, passionné par le Moyen Âge. Quoiqu’académique, « l’étrange Monsieur Merson » peignait dans un esprit pré‐cinématographique des saints, des anges et des religieuses en pâmoison.

 

Des goûts et des couleurs
Série :
Mad Men (2007 ‐ 2015) ‐ saison 2, épisode 7
Oeuvres : Geneviève Asse : Voies de l’espace, 2003 / Sonia Delaunay : Rythme‐Couleur 1076, 1939 / František Kupka : Traits animés, 1957
Dans cet extrait de Mad Men, Bert Cooper, l’un des directeurs de l’agence publicitaire Sterling Cooper de New York, accroche un tableau du peintre américain Mark Rothko dans son bureau. L’œuvre fascine certains, et en laisse d’autres perplexes, d’autant que la toile en question coûte une fortune. Cette scène est une réflexion sur la difficile équation entre le message « métaphysique » de l’art et sa valeur sur le marché. Depuis les débuts de l’Abstraction, vers 1910, le public a toujours éprouvé de la difficulté à admettre qu’une œuvre qui « ne représente rien » puisse « valoir cher ! ». L’art abstrait est‐il impénétrable ? L’art n’oblige rien ni personne, contrairement à ce que suggère le personnage d’Harry Crane (Rich Sommer) quand il dit : « Soit Cooper (le patron de l’agence) aime et on est obligé d’aimer… Soit il blague et on se ridiculise si on aime. » Au contraire, comme le précise un autre protagoniste, Ken Cosgrove (Aaron Staton), l’art sensibilise qui veut s’ouvrir : « C’est comme regarder dans un truc très profond. On pourrait tomber dedans. »

 

Sous réserve :  Belphégor, Wolf Hall, The Young Pope, The Sopranos, Sherlock, The 100, Medici : Masters of Florence, Barbapapa, Le Petit Nicolas, Peppa Pig, Scooby‐Doo, Looney Tunes.

 

Agenda
Jeudi 12 avril 2018 à 19h – Gratuit
Avant-première de l’Open Museum, « Murder Party » et DJ set de Supagroovalistic
Réservé aux -30 ans.

Samedi 19 mai 2018 à 18h – Gratuit
Nuit Européenne des Musées

Mercredi 06 juin 2018 à 19h – Gratuit
Nocturne étudiant.e.s.
Atelier de modèles vivants inspiré des costumes des personnages de séries TV.

 

Infos pratiques
Palais des Beaux-Arts de Lille
Place de la République
Jours et horaires d’ouvertures :
– lundi de 14h à 18h,
– mercredi au dimanche de 10h à 18h,
– fermé le mardi et les 1er mai, 14 juillet.
Tarifs : 7€ / 4€ (pour tous, à partir de 16h30 en semaine) / gratuit pour les moins de 18 ans
Site internet du Palais des Beaux-Arts de Lille

Source et image : DR / © Palais des Beaux-Arts de Lille

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